"L'éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim."

"L'éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim."

"Un enfant n'est pas un vase qu'on remplit, c'est un feu qu'on allume." (d'après Michel de Montaigne)

01/03/2011

LE 8 MARS: JOURNÉE DES FEMMES!









Agence France Presse
Journée des Femmes: elles ont conquis la parité, pas l'égalité

Les Françaises ont conquis depuis un demi-siècle la parité dans les études et les activités salariales, mais ce bouleversement ne se traduit pas par plus d'égalité avec les hommes, rappelle la sociologue Margaret Maruani à l'occasion de la 100ème Journée internationale des femmes.
"Le paradoxe aujourd'hui, c'est que les inégalités sont dures et durables" malgré ces "mutations essentielles" ajoutées au droit de vote, à la contraception et à l'avortement, estime cette directrice de recherche au CNRS qui a fondé le Mage (groupement de recherche européen "marché du travail et sexe").
"Avec aujourd'hui un salariat composé à 47% de femmes, avec des filles plus instruites, plus diplômées que les hommes, on pourrait se dire que les conditions sont remplies, que l'égalité est là, au bout du chemin, or elle n'y est pas", résume-t-elle.
"Sur le front des salaires, des carrières, du sous-emploi, du chômage, de la précarité, les inégalités ne bougent pas", souligne-t-elle, rappelant qu'en moyenne une femme gagne 25% de moins qu'un homme.
"A diplôme égal, âge égal, expérience égale, on ne propose pas les mêmes types de travail, ni les mêmes salaires, ni les mêmes déroulements de carrière aux garçons et aux filles: un fonctionnement extrêmement sexué du monde du travail perdure", note la sociologue.
"La fable d'un simple décalage dans le temps n'est plus crédible, on a assez de recul pour dire maintenant que non, les choses ne s'arrangent pas toutes seules, car il n'y a pas de pente naturelle vers l'égalité", estime la chercheuse, favorable aux mesures coercitives: "quand la loi l'impose, la parité est là", dit-elle, citant les listes aux municipales.
Pis, de nouvelles inégalités sont arrivées: en effet, au moment où l'on assistait à une tendance à l'harmonisation des carrières entre hommes et femmes, ces dernières ne s'arrêtant plus de travailler à la naissance des enfants, "l'arrivée massive du temps partiel a contrecarré l'égalité entre les sexes, c'est clair", affirme Mme Maruani.
Les chiffres sont sans appel: 1,5 million de salariés à temps partiel en 1980, 4 millions aujourd'hui, dont 80% de femmes, "une proportion qui ne bouge pas depuis des années", dit-elle.
"80% des smicards et des salariés sous le smic sont aussi des femmes: ces trois chiffres donnent les clefs de la pauvreté des femmes", résume Margaret Maruani pour qui "le temps partiel est devenu la figure emblématique de la division sexuelle du marché du travail".
"Ce que raconte Florence Aubenas, je l'ai lu dans beaucoup d'enquêtes sociologiques: c'est exactement ça", s'exclame l'universitaire au sujet du livre-témoignage de la journaliste du Nouvel Observateur, "le quai de Ouistreham", écrit après une immersion de six mois dans l'univers des femmes de ménage de la région de Caen, abonnées aux horaires fractionnés, et aux très bas revenus. Cette "paupérisation d'un large segment du salariat féminin" entraîne une autre conséquence, une nouvelle inégalité, encore plus criante, celle des montants des retraites, ajoute Mme Maruani: les plus de 65 ans touchaient en 2004 1.535 euros par mois s'ils étaient des hommes, et 692 euros s'il s'agissait de femmes.
Et les tâches domestiques ne risquent par de corriger les inégalités. La sociologue rappelle "les résultats navrants" de deux enquêtes de l'Insee de 1986 et 1999: entre ces deux dates, les femmes ont effectué en moyenne 31 minutes de travail domestique quotidien en moins et les hommes 6 minutes en plus. La moyenne des femmes restait de cinq heures par jour, contre deux pour les hommes.

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Dans mon HLM (chanson de Renaud)



Dans mon HLM

Avertissement!

Pour écrire cette chanson, Renaud s’est inspiré d’un français très populaire. On trouve donc dans cette chanson un grand nombre de mots ou d’expressions argotiques. Ne vous inquiétez donc pas si vous ne comprenez pas tout. Aidez-vous des mots connus pour dégager le sens général.  Si vous souhaitez vous éclairer sur le sens de certains mots, vous pourrez consulter la liste que je vous ai dressée à la fin du dossier.

Lisez soigneusement le texte original de la chanson que vous trouverez à la fin du dossier.

 Lors de votre lecture, vous porterez une attention particulière à tous les phénomènes graphiques qui révèlent les modifications phonétiques propres à la langue parlée.

ü Simplication de la tournure « il y a », prononcée [ilija] en « y’a »,     prononcée [ja]. 
Ex: « Y’a une espèce de barbouze » au lieu de « il y a…. »
ü  Disparition de la particule « ne » dans la tournure négative « ne … pas ».
Ex : « Sa femme sort pas de la cuisine » au lieu de « sa femme ne
          sort pas de la cuisine… »
ü  Transformation de « il », prononcé [il] en « y », prononcé [i].
                 Ex : « Maintenant, il est content mais y parle de s’casser »
ü  Chute du [«] caduc dans un bon nombre de mots.
                 Ex : « Y a tout l’temps d’la musique. »

Dans cette chanson, Renaud marque la chute des [«] à l’aide d’une apostrophe.

Mais outre le choix lexical et toutes les marques que nous venons de voir, il existe un autre phénomène, plus spectaculaire, qui indique également que nous avons affaire dans cette chanson à un français parlé. C’est le phénomène de la troncation qui consiste essentiellement à abréger un mot polysyllabique par suppression d’une ou plusieurs syllabes.

Ex :   « prof » est la forme tronquée de professeur.
« ciné » est la forme tronquée de cinéma.
« aprem », prononcé [aprεm] est le mot tronqué pour après-midi.

Avez-vous bien compris ?

w D’après vous, qui est-ce qui décrit les différentes personnes qui apparaissent au fil de la chanson ? Justifiez votre réponse.
w  Que raconte cette chanson ?
w  Quel regard le narrateur porte-t-il sur toutes ces personnes avec lesquelles il partage l’immeuble ?
w Dans quelle mesure peut-on dire que cette chanson est un portrait en miniature de la société actuelle ? Quelles sont les différentes classes sociales représentées dans cette chanson ? Quels rapports entretiennent-elles ?

Quelques pistes de réflexion:

w  Quels faits de société sont abordés dans cette chanson ? Relevez dans le texte tous les mots ou phrases qui dévoilent le visage actuel de la société française.
w  Dans la première partie de la chanson, Renaud a choisi de nous décrire l’ancien légionnaire qui a participé à la guerre d’Indochine comme une espèce de brute sans cervelle. Comment interprétez-vous ce choix ?
w  Mai 68, mouvement de protestation orquestré à l’origine par les étudiants, a marqué un tournant décisif dans la vie sociale des français : des millions de gens ont fait la grève pour manifester pour une société plus juste. D’une envergure sans précédent, cet événement est un symbole à part entière et reste à jamais gravé dans la mémoire des français.  Comment sont décrits ceux qui ont participé à cet événement ? Pourquoi ? En vous documentant sur la vie de Renaud, essayez de justifier la sympathie qu’éprouve notre chanteur pour ces « anciens de soixante-huit ».  Pourriez-vous trouver dans l’histoire de votre pays un événement de la même ampleur sociale que celui de Mai 68 ? Pour quelle(s) raison(s)?
w  Relisez la description du personnage de la quatrième partie :
A votre avis, à quel aspect de la société actuelle renvoie l’attitude de cette femme ? Comment qualifieriez-vous le regard que porte le chanteur sur cette femme ? D’après vous, quelle critique le chanteur fait-il de la société actuelle à travers l’attitude de cette femme ?
w Observez-vous le même phénomène dans votre pays : quelle est l’influence des magazines de mode sur le comportement des femmes et des gens en général ? Sous quelles formes se manifeste-t-elle ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    
Liste de vocabulaire

1. VERBES
Chouraver :                     Terme populaire qui signifie voler, dérober.
Cogner :                           Terme populaire qui signifie frapper, donner des coups à quelqu’un.
En chier :                         Expression populaire qui signifie ici que le jeune cadre s’est donné beaucoup de mal, a travaillé très dur pour pouvoir s’acheter son appartement.
Se casser :                       Terme populaire qui signifie ici partir.
Débouler :                       Terme populaire qui signifie ici arriver précipitamment, sans prévenir.
Bosser :                           Terme populaire qui signifie ici travailler.
Allumer :                          Une femme qui allume ou plus simplement une allumeuse est une femme qui par son comportement (équivoque) donnent l’impression aux hommes d’être sexuellement disponible. On reconnaît souvent une allumeuse à sa tenue provoquante.
Piger :                              Terme populaire qui signifie comprendre.

2.NOMS

H.L.M.                             Habitation à Loyer Modéré  
Immeuble construit par une collectivité et affecté aux foyers qui ont de faibles revenus; par ext. Immeuble moderne à appartements bon marché. Les H. L. M. de la banlieue.
Barbouze :                       n.masc. Terme argotique qui sert à désigner un policier qui passe son temps à surveiller et à espionner les gens.
Môme :                            n.masc et fém. Terme populaire qui prend différente significations selon le contexte ; il sert à désigner à l’origine un enfant et par extension une jeune fille.
Pinard :                            n.masc. Terme populaire qui sert à désigner le vin.
Costard :                          n.masc. Terme populaire qui sert à désigner un élégant costume d’homme.
Brique :                            n.fém. Terme populaire synonyme de « million ».
Boucan :                          n.masc.Terme populaire employé très fréquemment à la place de « bruit ».
Décolorée :                      n.fém. Terme péjoratif servant à désigner une fausse blonde ; on emploie également très fréquemment le terme de « blondasse ».
Gonzesse :                       n.fém. Terme argotique qui sert à désigner une femme, une fille. On emploie également très fréquemment les termes de « nana » et de « meuf » qui est la forme verlanisée de femme.
Plombes :                         n.fém. Terme argotique utilisé pour dire « heure ».
Loubard :                         n.masc. Terme argotique qui sert à désigner un voyou qui traîne avec une bande et qui manifeste un comportement associal.
Flic :                                 n.masc. Terme populaire très fréquemment utilisé pour désigner un homme de la police.
3. ADJECTIFS
Givré :                «Etre givré » signifie dans le langage populaire « être complètement fou ». On emploie également très fréquemment les mots « timbré », « toqué », « cinglé ».
Furax :                             Terme populaire signifiant « furieux », mot dont il est dérivé.

4. ADVERBES

Vachement :                    Terme populaire couramment employé à la place de « très », « beaucoup », « vraiment ».

Paroles "Dans mon HLM"

Paroles et Musique: Renaud Séchan   1980  "Marche à l'ombre"

     Au rez-d'-chaussée, dans mon HLM
      
      Y a une espèce de barbouze
            Qui surveille les entrées

            Qui tire sur tout c' qui bouge

            Surtout si c'est bronzé

            Passe ses nuits dans les caves,

            Avec son Beretta,

            Traque les mômes qui chouravent

            Le pinard aux bourgeois

            Y s' recrée l'Indochine

            Dans sa p'tite vie d' peigne cul.

            Sa femme sort pas d' la cuisine,

            Sinon y cogne dessus.

            Il est tellement givré

            Que même dans la Légion

            Z'ont fini par le j'ter,

            C'est vous dire s'il est con!
     Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
            Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
     Au premier, dans mon HLM,
            Y a l' jeune cadre dynamique,
            Costard en alpaga,
            C'ui qu'a payé vingt briques
            Son deux pièces plus loggia.

            Il en a chié vingt ans

            Pour en arriver là,

            Maintenant il est content

            Mais y parle de s' casser.

            Toute façon, y peut pas,

            Y lui reste à payer

            Le lave vaisselle, la télé,

            Et la sciure pour ses chats,

            Parc' que naturellement

            C' bon contribuable centriste,

            Il aime pas les enfants,

            C'est vous dire s'il est triste!
     Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
            Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
     Au deuxième, dans mon HLM,
            Y a une bande d'allumés

            Qui vivent à six ou huit

            Dans soixante mètres carrés,

            Y a tout l' temps d' la musique.

            Des anciens d' soixante-huit,

            Y'en a un qu'est chômeur

            Y'en a un qu'est instit',

            Y'en a une, c'est ma sœur.

            Y vivent comme ça, relax

            Y a des mat'lats par terre,

            Les voisins sont furax;

            Y font un boucan d'enfer,

            Y payent jamais leur loyer,

            Quand les huissiers déboulent

            Y écrivent à Libé,

            C'est vous dire s'ils sont cools!
     Putain, c' qu'il est blême, mon HLM!
            Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
     Au troisième, dans mon HLM,
            Y a l'espèce de connasse,

            Celle qui bosse dans la pub',

            L'hiver à Avoriaz,

            Le mois d' juillet au Club.

            Comme toutes les décolorées,

            Elle a sa Mini-Cooper,

            Elle allume tout l' quartier

            Quand elle sort son cocker.

            Aux manifs de gonzesses,

            Elle est au premier rang,

            Mais elle veut pas d'enfants

            Parc' que ça fait vieillir,

            Ça ramollit les fesses

            Et pi ça fout des rides,

            Elle l'a lu dans l'Express,

            C'est vous dire si elle lit!
     Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
            Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
     Au quatrième, dans mon HLM,
            Y a celui qu' les voisins

            Appellent " le communiste ",

            Même qu'ça lui plaît pas bien,

            Y dit qu'il est trotskiste!

            J'ai jamais bien pigé

            La différence profonde,

            Y pourrait m'expliquer

            Mais ça prendrait des plombes.

            Depuis sa pétition,

            Y a trois ans pour l' Chili,

            Tout l'immeuble le soupçonne

            A chaque nouveau graffiti,

            N'empêche que " Mort aux cons "

            Dans la cage d'escalier,

            C'est moi qui l'ai marqué,

            C'est vous dire si j'ai raison!
     Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
            Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
     Pi y a aussi, dans mon HLM,
            Un nouveau romantique,

            Un ancien combattant,

            Un loubard, et un flic

            Qui s' balade en survêtement

            Y fait chaque jour son jogging

            Avec son berger all'mand,

            De la cave au parking,

            C'est vachement enrichissant.

            Quand j'en ai marre d' ces braves gens

            J' fais un saut au huitième

            Pour construire un moment

            'vec ma copine Germaine,

            Un monde rempli d'enfants.

            Et quand l' jour se lève

            On s' quitte en y croyant,

            C'est vous dire si on rêve!
     Putain c' qu'il est blême, mon HLM!
            Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!